Abstraction faite de l’inflation, ils ont donc progresse tres modestement. Contrairement aux trimestres precedents, la croissance des creances hypothecaires a ete plus forte que celle des creances sur la clientele non garanties par hypotheque. Importance reduite des credits de construction A la difference des cycles conjoncturels precedents, la reprise actuelle ne s’accompagne pas d’une expansion des credits de construction; aussi bien les limites ouvertes que les montants utilises de ces credits ont flechi entre fin juin 1999 et fin juin 2000. Le recul des credits de construction, observe depuis plusieurs annees, a donc continue. Ces credits ont perdu une grande partie de leur importance dans le financement des constructions. Ils correspondaient encore a 40% des investissements en constructions en Suisse voici dix ans. Actuellement, ce rapport n’est plus que de 25%. Cette evolution peut etre attribuee a plusieurs facteurs. Premierement, les banques font preuve de plus de prudence avant d’accorder des prets, a cause des pertes, en partie substantielles, qu’elles ont essuyees sur leurs credits pendant les annees nonante. Les limites d’avance sont plus basses qu’il y a dix ans, et la part de l’autofinancement a augmente. Le fait que les achats de terrains a batir doivent etre finances generalement par les maitres d’ouvrage et rarement par les banques souligne aussi cette politique plus prudente. Deuxiemement, les valeurs venales sont moins elevees qu’il y a dix ans. Troisiemement, on utilise de plus en plus d’autres formes de credits pour financer les constructions. Ainsi, pour des renovations par exemple, les banques accordent souvent directement des hypotheques au lieu de credits de construction. En outre, les grands ensembles qui sont construits par des entreprises generales ont gagne en importance. Dans ce cas, l’etape du credit de construction est souvent absente et l’acheteur finance le batiment, qu’il recoit cles en mains, directement par une hypotheque. Au deuxieme trimestre, le prelevement brut opere sur le marche suisse des capitaux par les emissions suisses d’obligations et d’actions a porte sur 12,4 milliards de francs, soit un montant un peu inferieur a celui de la periode precedente mais aussi eleve que celui du deuxieme trimestre de 1999. Apres deduction des remboursements, les emissions suisses ont engendre un recours au marche des capitaux pour un montant net de 4,7 milliards de francs, contre 4,6 milliards le trimestre precedent et 6,9 milliards un an auparavant. Une partie relativement importante des remboursements est due a des societes qui ont rachete en bourse leurs propres actions. Le recours net au marche suisse des capitaux par des debiteurs etrangers – valeur d’emission des emprunts obligataires moins les remboursements – s’est inscrit a 3,7 milliards de francs au deuxieme trimestre. Il a double d’un trimestre a l’autre, mais recule de 5,5 milliards de francs par rapport au deuxieme trimestre de 1999. Ce recul est imputable a la fois a une baisse du volume des emissions et a un accroissement des remboursements. Au deuxieme trimestre, les operateurs ont de nouveau donne la preference aux echeances courtes et moyennes. Cela signifie que l’incertitude etait toujours tres grande quant a l’evolution future des taux d’interet. Le recours net au marche suisse des capitaux par les emissions suisses et etrangeres d’obligations et d’actions a augmente de 2,5 milliards de francs du premier au deuxieme trimestre. Par rapport au niveau observe un an auparavant (16,2 milliards de francs), il a diminue approximativement de moitie. Croissance robuste au deuxieme trimestre En Suisse, la croissance economique, vigoureuse et reposant sur une large assise, s’est poursuivie au deuxieme trimestre de 2000. Le produit interieur brut reel depassait de 3,8% son niveau du trimestre correspondant de 1999, apres une progression de 3,9% au premier trimestre1. Les exportations sont restees le principal soutien de l’expansion de la demande globale; elles etaient suivies par les investissements et la consommation privee. Les exportations ayant augmente un peu plus que les importations, la contribution du commerce exterieur est redevenue positive, apres avoir ete negative au premier trimestre. La croissance du produit interieur brut reel est restee vive en comparaison annuelle, mais son rythme trimestriel a faibli. D’un trimestre a l’autre, la progression s’est inscrite en effet a 2,5%, soit a un taux inferieur a ce qui avait ete observe pendant le semestre d’hiver 1999/2000. Ce ralentissement s’explique avant tout par une accumulation plus lente des stocks. Si l’on tient egalement compte de la production industrielle en hausse sensible, des carnets de commandes mieux remplis et des signes d’assechement sur le marche du travail, on peut en deduire que les elements moderateurs sont venus essentiellement du cote de l’offre et que la demande est restee forte. Renforcement de la conjoncture dans l’industrie Une nouvelle amelioration de la situation a ete observee dans l’industrie. L’indicateur de la marche des affaires dans l’industrie, qui est etabli par le Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ, a augmente au deuxieme trimestre; une fois encore, on notera que l’essor a ete plus vif dans les branches a vocation exportatrice que dans celles qui sont axees avant tout sur le marche interieur. Comme au premier trimestre, l’amelioration de la marche des affaires a decoule de la progression, en comparaison annuelle, des commandes et de la production. Les carnets de commandes etaient juges satisfaisants, et les stocks de produits finis etaient consideres comme normaux. Le trimestre precedent, les premiers avaient ete estimes trop bas, et les seconds, trop eleves. Tensions dans les branches exportatrices Dans des entreprises a vocation exportatrice, les commandes en portefeuille ont continue leur forte progression au deuxieme trimestre, en depit d’une croissance acceleree de la production. Pour la premiere fois depuis 1989, une nette majorite des entreprises a qualifie de bon le niveau des commandes en portefeuille. La demande tres soutenue a reduit les stocks de produits finis; ceux-ci suffisent encore tout juste a assurer des delais de livraison normaux. Nouvelle amelioration dans l’industrie axee surtout sur le marche interieur La marche des affaires s’est amelioree egalement dans les branches produisant avant tout pour le marche suisse. Les entreprises estimant leurs carnets de commandes trop peu fournis etaient encore majoritaires, mais de peu. Les stocks de produits finis ont diminue, dans des proportions il est vrai moins fortes que dans les branches exportatrices. Perspectives favorables a court et moyen terme Les perspectives a court et moyen terme sont toujours favorables pour l’industrie. Les commandes ont augmente du premier au deuxieme trimestre. Etant donne les carnets de commandes bien garnis et le bas niveau des stocks, la production industrielle devrait continuer a croitre vigoureusement au troisieme trimestre. Les entreprises axees essentiellement sur le marche interieur tablent sur une forte progression des commandes pendant les trois, voire six prochains mois; l’industrie a vocation exportatrice s’attend toutefois a une evolution un peu plus moderee. PIB: revision a la hausse des previsions La prevision consensuelle pour la croissance du produit interieur brut reel en 2000 etait de 3,1% en septembre, contre 3% en juin. Au deuxieme trimestre, la plupart des instituts specialises avaient revu leurs previsions a la hausse, assez sensiblement. La Banque nationale table sur une expansion economique d’un peu plus de 3% en termes reels. Le barometre conjoncturel, qui est etabli chaque mois par le Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ a partir d’une serie d’indicateurs avances de l’industrie, de la construction et de la consommation privee, laisse presager une consolidation du rythme de croissance.