Comme les taux a court terme ont augmente pendant la meme periode, l’ecart entre le rendement des obligations federales d’une duree residuelle de dix ans et le rendement a l’emission des creances comptables a trois mois sur la Confederation s’est reduit, passant de 1,4 point a fin mars a 0,6 point a fin aout. Les ecarts de rendements entre les emprunts publics americains et europeens et les obligations de la Confederation sont restes a peu pres inchanges, a l’exception d’une hausse temporaire en mai. Ce moisla, des craintes inflationnistes ont fait monter les rendements des emprunts publics aux Etats-Unis pendant une courte periode. Ce mouvement s’est etendu aux rendements des emprunts d’Etat de la zone euro, mais n’a guere influe sur ceux de la Suisse et du Japon. En aout, le rendement des obligations federales d’une duree residuelle de dix ans etait inferieur de 2,1 points a celui des emprunts correspondants aux Etats-Unis et de 1,5 point a la moyenne de la zone euro. Adaptation des taux hypothecaires La hausse des taux a court terme et des rendements des obligations ayant des durees residuelles courtes et moyennes a incite les banques a relever les taux hypothecaires. Le taux des anciennes hypotheques des banques cantonales, qui s’elevait a 4,09% en moyenne au debut d’avril, a augmente pour atteindre 4,29% au debut d’aout. Simultanement, les taux des nouvelles hypotheques ont passe de 4,15% a 4,42%. Les taux des depots d’epargne sont restes a la traine de l’evolution generale. Les remunerations servies par les banques cantonales sur les fonds d’epargne n’ont pas augmente avant debut aout; elles s’inscrivaient alors en moyenne a 1,51%, apres avoir fluctue entre 1,35% et 1,40% de debut avril a debut juillet. L’adaptation des taux des obligations de caisse a ete un peu plus rapide; entre debut avril et debut aout, ils ont passe de 3,66% a 4,02%. Hausse des cours sur le marche des actions Entre debut avril et fin aout, les cours des actions suisses ont ete influences de nouveau par la conjoncture economique favorable et la vive croissance des benefices des entreprises. A fin aout, le SPI (avec reinvestissement des benefices) depassait de 13,1% son niveau de fin 1999. Dans le meme temps, le SMI (sans reinvestissement) a augmente de 8,6%. Depuis fin juin, ces deux indices ont meme progresse entre 6 et 7%. Sur les principales places boursieres etrangeres, les cours n’ont generalement pas augmente autant qu’en Suisse pendant les huit premiers mois de l’annee. Ainsi, l’indice americain S&P 500 a progresse de 3,3%, et l’indice europeen DJ Stoxx 50, de 5,8%. L’indice japonais Nikkei 225 a quant a lui flechi de 11%. En comparaison internationale, la bonne tenue des indices boursiers suisses s’explique en partie par le fait que les societes appartenant a «l’ancienne economie» ont retrouve une certaine faveur des investisseurs dans le monde entier. De telles societes (entreprises pharmaceutiques et agroalimentaires, banques, assurances) occupent une place plus importante dans les indices suisses que dans les indices etrangers. Euro toujours faible Entre avril et aout, les fortes fluctuations de l’euro ont constitue l’evenement le plus marquant sur les marches des changes. L’euro a poursuivi sa baisse en avril et en mai, puis s’est raffermi en juin. En juillet et en aout, il a subi de nouvelles pressions a la baisse. Ni la perspective d’une egalisation des taux de croissance entre les economies americaine et europeenne, ni le relevement attendu des taux de la Banque centrale europeenne n’ont conduit a un redressement durable de l’euro. A fin aout, l’euro s’echangeait a 0,89 dollar, d’ou un repli de 6,2% par rapport a son cours du debut du deuxieme trimestre. En outre, il a cede 5,2% face au yen japonais, mais s’est revalorise de 2,5% vis-a-vis de la livre sterling qui, elle aussi, avait tendance a faiblir. Faiblesse du franc face au dollar Apres s’etre sensiblement revalorise par rapport a l’euro en avril, le franc suisse s’est de nouveau replie en mai; il a ensuite fluctue dans une bande relativement etroite autour de 1,55 franc pour un euro jusqu’a fin aout. Au total, le franc s’est raffermi face a l’euro de 2,5% entre avril et aout. Par rapport au dollar, le franc a tendanciellement faibli, apres un redressement en juin; a fin aout, le dollar valait 1,73 franc, d’ou une baisse du franc de 3,9% depuis debut avril. La valeur exterieure du franc, ponderee par les exportations, a augmente en termes nominaux de 0,7% entre avril et aout. Apres correction des ecarts d’inflation, le franc s’est revalorise de 0,7% egalement; il a ainsi retrouve approximativement le niveau observe un an auparavant. Entre avril et aout, le franc a enregistre ses plus fortes hausses, en termes reels, vis-a-vis de la livre sterling (+2,9%) et du mark allemand (+1,2%); il a cependant cede 3,6% face au dollar et 0,1% par rapport au yen. Faible croissance de la monnaie centrale Au deuxieme trimestre, les agregats monetaires ont continue a marquer une tendance au tassement. Cette evolution montre qu’aucun danger inflationniste ne menace a moyen terme. La monnaie centrale desaisonnalisee n’a pas cesse de diminuer depuis le debut de l’annee. En moyenne du deuxieme trimestre, elle depassait de 1,1% le niveau observe un an auparavant; en aout, sa progression par rapport au meme mois de 1999 n’etait que de 0,3%. Les billets en circulation, la principale composante de la monnaie centrale, ont encore subi l’influence de la demande, tres forte, de coupures de mille francs. Au deuxieme trimestre, les billets de mille francs en circulation atteignaient un montant superieur de 5% a ce qui etait observe un an auparavant. Comme la demande a stagne du cote des autres coupures, les billets en circulation n’ont augmente au total que de 2,7% en l’espace d’un an. En juillet et en aout, leur progression en comparaison annuelle a garde approximativement le meme rythme. Les avoirs que les banques detiennent en comptes de virements a la Banque nationale ont de nouveau fluctue fortement entre avril et aout. Ils se sont constamment maintenus au-dessous de leurs niveaux des memes mois de 1999. En comparaison annuelle, leur recul atteignait 11,5% en moyenne du deuxieme trimestre et 18,8% en aout. En depit de cette diminution des avoirs en comptes de virements, le degre de liquidite des banques (rapport entre les liquidites qu’elles detiennent et le volume exige par les dispositions legales) etait toujours plus eleve qu’il y a un an. Repli de M3 La masse monetaire M3 s’est continuellement contractee depuis le troisieme trimestre de 1999. En comparaison annuelle, elle a diminue de 1,7% en moyenne du deuxieme trimestre et de 1,9% en aout. La hausse des taux d’interet sur le marche monetaire a incite les investisseurs a convertir leurs fonds a vue et d’epargne en depots a terme. A la suite de ces remaniements, les agregats monetaires M1 et M2 ont flechi encore plus fortement que M3. Les depots d’epargne regagneront probablement du terrain apres le relevement de leurs remunerations. Cela devrait ralentir le recul de M2 et, dans une moindre mesure, de M3. Entre le deuxieme trimestre de 1999 et la periode correspondante de 2000, M1 a recule de 1,9%, et M2, de 4,7%. En aout, ces agregats enregistraient des diminutions annuelles de 4,6% et de 6,7%. Faible croissance reelle des credits en Suisse A fin juin, les credits accordes par les banques a des debiteurs suisses depassaient de 2,7% le niveau observe un an auparavant.