L’horizon s’est eclairci egalement en Amerique latine, en particulier au Bresil, au Mexique et au Chili. En Argentine par contre, la revalorisation massive de la monnaie, au debut de 1999, et son rattachement strict au dollar ont freine la croissance de l’economie. En Europe orientale, la conjoncture s’est redressee, mais d’importants ecarts subsistent entre les divers pays. L’economie a evolue favorablement en Hongrie, en Pologne et en Roumanie notamment. La Russie a beneficie de la hausse des prix du petrole et du gaz; la demande interieure a cependant continue a souffrir des problemes structurels non resolus. Acceleration du rencherissement A la suite du relevement massif des prix petroliers, le rencherissement a fait un bond dans la plupart des pays. Dans la zone euro, la faiblesse de la nouvelle monnaie face au dollar a contribue egalement a son acceleration. Mesure aux prix a la consommation, le rencherissement dans les sept grands pays industrialises etait de 2,6% en juin, contre 1,9% en janvier. Le rencherissement de base – indice des prix a la consommation sans l’alimentation et l’energie – est reste au-dessous de 2% au premier semestre. La hausse des prix a la consommation a ete nettement plus forte aux Etats-Unis et au Royaume-Uni que dans la zone euro. En juin, le rencherissement atteignait 3,7% aux Etats-Unis et 3,3% au Royaume-Uni, mais 2,4% seulement dans la zone euro. Apres une stabilisation en juillet, une nouvelle acceleration a ete observee, en aout, dans la plupart des pays. Au Japon, la baisse du niveau des prix s’est poursuivie au premier semestre de 2000. L’indice des prix a la consommation a diminue de 0,7% entre le deuxieme trimestre de 1999 et la periode correspondante de 2000. Le meme repli avait ete enregistre au premier trimestre. Les prix de gros ont eux aussi marque un recul, mais moins sensible que celui de la periode precedente. Resserrement de la politique monetaire sur le continent europeen A fin aout, la Banque centrale europeenne (BCE) a porte de 4,25% a 4,5% son taux directeur, soit le taux de soumission minimal applique aux operations principales de refinancement. Par cette sixieme hausse depuis novembre 1999, la BCE a cherche a prevenir le danger qui, pour la stabilite des prix, resultait de l’expansion vigoureuse de l’agregat monetaire M3 et de la hausse du taux d’utilisation des capacites de production. En outre, elle a contrecarre la tendance de l’euro a faiblir. L’euro, qui valait encore 1,01 dollar en janvier 2000, s’echangeait a 0,89 dollar a fin aout. Il avait ainsi atteint un nouveau plancher. Les banques centrales de Norvege – ce pays n’est pas membre de l’UE – et du Danemark ont elles aussi releve leurs taux directeurs. La banque centrale norvegienne a porte son taux d’intervention de 5,75% a 6,75%, en plusieurs etapes durant les mois de juin et d’aout. Au Danemark, le taux directeur a ete majore a deux reprises de 0,2 point, peu avant la mesure prise par la BCE; il a ainsi passe a 5,1%. La couronne danoise etant etroitement liee a l’euro, la banque centrale de ce pays ne peut guere mener une politique monetaire autonome. Hausse des taux d’interet au Japon Au milieu du mois d’aout, la Banque du Japon a mis fin a la politique de taux d’interet zero, politique qu’elle appliquait depuis fevrier 1999 pour soutenir la conjoncture. Elle a fixe le taux de l’argent au jour le jour a 0,25%, etant donne l’amelioration de la situation economique et, surtout, le relachement du risque de deflation. La fermete du yen a deteriore les conditions-cadres sur le plan monetaire. En termes reels et apres ponderation par le commerce exterieur, le yen depassait de 20%, au deuxieme trimestre, le niveau observe un an auparavant; sa hausse en un an avait ete de 14% au premier trimestre. Politique monetaire inchangee aux Etats-Unis et au Royaume-Uni Apres avoir resserre les renes monetaires au premier semestre, les banques centrales americaine et britannique n’ont pas modifie leurs taux directeurs au troisieme trimestre. Entre fin juin 1999 et mi-mai 2000, la Reserve federale avait releve le taux de l’argent au jour le jour a six reprises, le portant a 6,5%; quant a la Banque d’Angleterre, elle avait au premier trimestre augmente deux fois son taux directeur qui, depuis, est a 6%. Repli des taux d’interet a long terme Les taux d’interet a long terme ont flechi au cours du premier semestre; leur baisse a ete nettement plus sensible aux Etats-Unis et au Royaume-Uni que dans la zone euro. Entre janvier et juin, le rendement des emprunts d’Etat a dix ans a passe de 6,7% a 6,1% aux Etats-Unis et de 5,8% a 5,2% au Royaume-Uni; dans la zone euro par contre, il n’a baisse que de 0,3 point pour s’etablir a 5,4%. Au Japon, les taux d’interet a long terme ont fluctue autour de 1,7% pendant tout le premier semestre. En juillet, les taux longs se sont maintenus a leur niveau du mois precedent dans tous les grands pays industrialises. Revision a la hausse des previsions de croissance Apres plusieurs revisions a la hausse – en partie fortes – au cours des premiers mois de l’annee, les previsions de croissance pour 2000 ont ete une nouvelle fois adaptees en ete, avant tout pour les Etats-Unis et le Japon. En juillet, les previsions consensuelles1 de croissance reelle etaient de 5,1% (trois mois auparavant: 4,8%) pour les Etats-Unis et de 1,6% (1,1%) pour le Japon. Elles s’etablissaient a 3% pour le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie (trois mois auparavant: 3,1%, 2,9% et 2,7%) et a 3,7% (inchange) pour la France. Les previsions consensuelles du mois de juillet correspondaient donc assez exactement aux chiffres de l’OCDE (voir tableau 1). Pour ce qui a trait au rencherissement moyen en 2000, les previsions ont ete generalement peu modifiees; pour les Etats-Unis, la prevision consensuelle a passe a 3,2%, contre 2,8% trois mois auparavant; il s’agit de la seule hausse. Les previsions concernant les taux de chomage n’ont pas change. Durcissement de la politique monetaire en juin Le 15 juin 2000, la Banque nationale a decide de resserrer une nouvelle fois sa politique et de fixer la marge de fluctuation du taux interbancaire a trois mois (Libor) entre 3% et 4%, apres 2,5% a 3,5%. La precedente adaptation remontait au 23 mars; la Banque nationale avait alors releve cette marge de 0,75 point. Par ces hausses du Libor, la Banque nationale a voulu empecher que la reprise conjoncturelle ne menace durablement la stabilite des prix en Suisse au cours des prochaines annees. La politique monetaire etant plus restrictive, les taux d’interet ont augmente sur le marche monetaire suisse. Le taux de l’argent au jour le jour atteignait 3% a fin aout, contre 2,4% a fin mars. Durant la meme periode, le Libor a trois mois a passe de 2,9% a 3,5%. Le rendement a l’emission des creances comptables a trois mois sur la Confederation a fluctue 0,2 point au-dessous du Libor; il s’inscrivait a 3,3% a fin aout, contre 2,7% a fin mars. Les ecarts entre taux d’interet suisses et etrangers ont evolue de maniere diverse. Du cote des taux interbancaires a trois mois, les remunerations des depots en euros ont augmente un peu plus que celles des placements en francs. Aussi l’ecart entre les taux des depots en euros et en francs s’elevait-il a 1,4 point en moyenne a fin aout, contre 1 point a fin mars. En revanche, la hausse a ete plus forte pour les depots a trois mois en francs que pour ceux qui sont en dollars et en yens. En consequence, les taux en dollars etaient superieurs de 3,2 points a ceux en francs a fin aout, alors que l’ecart atteignait encore 3,4 points en mars. La difference entre les remunerations des placements a trois mois en francs et en yens s’est creusee, passant de 2,7 a 3,1 points pendant la meme periode. Contrairement aux autres banques centrales, la Banque du Japon a maintenu ses taux directeurs inchanges jusqu’en aout. Leger repli du rendement des obligations federales Le rendement des emprunts de la Confederation ayant une duree residuelle de dix ans etait de 3,84% a fin aout, contre 4,16% a fin mars.