Ils couvrent leurs besoins en numeraire en s’adressant principalement aux bureaux de poste locaux. Chaque mois en effet, le numeraire s’y accumule du fait des versements effectues par les clients de la Poste. Il en resulte un equilibre local, qui deleste les bureaux de poste de leur numeraire excedentaire, tout en approvisionnant les banques. Les transports de numeraire entre les comptoirs de la BNS et les agences sont organises par la BNS. Tous les autres transports sont a la charge des clients. Ils sont souvent confies a des societes privees specialisees dans les transports de fonds. Un client de la BNS ne peut pas se presenter comme fournisseur et comme demandeur de la meme coupure. Par exemple, il ne peut pas simultanement rendre des billets de 100 francs et en redemander. La BNS lui impose donc un tri prealable. Le client doit reutiliser les billets d’une meme coupure qu’il a encaisses, et ne transmettre que l’excedent a la BNS. Ainsi, la BNS evite que ses clients ne se dechargent sur elle du travail de tri qui leur incombe. Certains clients confient ce tri prealable a des societes specialisees. Le nombre des billets distribues et repris chaque annee par la BNS est tres eleve. En 1999, 490 millions de billets sont sortis de la BNS et 470 millions y sont rentres. Si l’on considere qu’il y a environ 250 millions de billets en circulation, chacun est revenu en moyenne 1,9 fois a la BNS en 1999. L’annee 1999 a ete encore influencee par l’echange de l’ancienne serie de billets. Sur une longue periode, cette moyenne se monte a 1,5. En d’autres termes, en deux ans, un billet repasse environ trois fois par la BNS. L’illustration 6 montre que le nombre de retours annuels differe selon les coupures. Dans l’absolu, les grosses coupures retournent plus souvent a la BNS que les petites. Les billets de banque qui parviennent a un comptoir susmentionne de la BNS soit directement, soit par l’intermediaire du reseau des agences, sont soumis a un test d’authenticite et de qualite sur des machines speciales. Les billets en bon etat sont remis en circulation. Les billets abimes et salis reconnus comme authentiques sont immediatement detruits. Ceux que la machine ne peut pas authentifier avec certitude sont mis de cote pour etre controles manuellement. Les faux billets sont remis a la police. Les billets dechires, brules, moisis, taches suite a l’ouverture forcee d’une valise de surete, ou tres abimes de quelque maniere que ce soit, sont envoyes a la Division des billets et monnaies de Berne pour authentification. Les billets dont il existe plus de la moitie et dont la serie et le numero sont clairement reconnaissables sont credites d’apres leur montant. Si la BNS recoit exactement la moitie d’un billet, elle credite en regle generale le client de la moitie du montant. Pour la destruction des billets, la BNS utilise deux procedes. Les machines utilisees ont un broyeur integre qui reconnait les billets authentiques mais devenus inutilisables, et qui apres un controle d’authenticite detruit les billets qui ne sont plus propres a la circulation. Les billets provenant d’anciennes series ou en trop mauvais etat pour etre traites par la machine, ainsi que ceux qui sont rejetes par la machine, doivent etre detruits dans un broyeur selon des regles de securite tres strictes. Les deux modes de destruction produisent des confettis de billets qui sont presses avant d’etre envoyes dans les usines publiques d’incineration. La duree de vie des billets varie selon les coupures (voir illustration 9): les grosses ont generalement une esperance de vie plus longue que les petites; les billets de 1000, de 200 et de 100 circulent pendant environ quatre ans, contre deux ou trois pour ceux de 50, de 20 et de 10. En 1999, la part de billets detruits sur la totalite des billets tries etait de 20%. Ce qui signifie qu’un billet trie sur cinq a ete retire de la circulation. Pour remplacer ces billets detruits, la BNS fait imprimer chaque annee une centaine de millions de billets neufs. La bonne qualite des billets de banque suisses a son cout. Le cout de fabrication d’un billet (conception, papier, impression, information) s’eleve en moyenne a 30 centimes. Pour une duree de vie moyenne de trois ans, le cout annuel de fabrication revient ainsi a 10 centimes par billet en circulation. Le cout annuel impute a la BNS pour le traitement des billets revient a quelque 20 centimes par billet en circulation. Si l’on y ajoute le cout annuel de fabrication, le cout global annuel par billet en circulation s’eleve a environ 30 centimes. Le cout de la circulation du numeraire laisse une trace bien visible dans les comptes de la BNS: il represente en effet approximativement la moitie de ses charges annuelles de 190 millions de francs. Dans le cadre de sa charte de l’environnement, la BNS s’est fixee pour objectif de rendre la circulation du numeraire aussi ecologique que possible. Comme point de depart, elle a realise en 1999 un ecobilan des billets de banque. Un ecobilan (en anglais Life Cycle Assessment) retrace l’impact ecologique d’un produit durant tout son cycle de vie, c’est-a-dire de la production des matieres premieres a sa destruction en passant par toutes les etapes de la production, du transport et du maniement. On analyse et evalue l’utilisation de matieres premieres et les emissions dans l’air, dans l’eau et dans la terre resultant des processus consideres. Dans le cas qui nous occupe, l’ecobilan doit permettre d’etablir si les billets de banque posent un probleme ecologique (et/ou de sante), si certains processus de leur cycle de vie sont particulierement polluants, et dans quels domaines des ameliorations sont possibles. Pour son ecobilan, la BNS a suivi un procede internationalement reconnu en la matiere: la norme ISO 140405. L’evaluation et la ponderation des facteurs a impact ecologique entrants et sortants ont ete realisees a partir de la methode repandue en Suisse des unites de charge ecologique (UCE 97)6. Les analyses ont aussi porte sur des effets particuliers du cycle de vie des billets de banque, notamment la contribution a l’effet de serre, a l’acidification et a la formation d’ozone. En regle generale, l’ecobilan d’un produit doit inclure tous les processus ayant un impact ecologique. Dans une premiere etape, il faut determiner quels secteurs seront pris en consideration. Ensuite, il faut fixer les limites du processus au sein de ce systeme. Ainsi, certains processus ont un poids tellement faible qu’il est inutile d’en tenir compte. L’ecobilan des billets de banque suisses a ete realise a partir des donnees de la huitieme serie de billets de 1998, extrapoles d’apres les besoins annuels moyens de la sixieme serie. L’illustration 10 montre les six processus principaux pris en consideration dans cette analyse: production du coton, production des fibres, production du papier, impression des billets, circulation des billets (transports internes, stockage, traitement) et traitement des dechets. Il n’a pas ete tenu compte des transports de fonds ordonnes par les banques et d’autres interesses (distribution des billets a partir des comptoirs de la BNS et des agences), ni de l’utilisation des billets par le public. A partir du classement presente dans l’illustration 10, l’impact ecologique des flux de matiere et d’energie a ete grossierement calcule sur la base d’une production annuelle estimee a 100 tonnes, soit 100 millions de billets de banque.