L’ecobilan a retenu les matieres prises en consideration a concurrence de plus de 2 tonnes, ou dans des quantites plus faibles si elles etaient considerees comme toxiques ou polluantes, ce qui est le cas des encres et des vernis ainsi que des matieres auxiliaires7 entrant dans la composition du papier. Les chiffres d’entree et de sortie des differents processus proviennent des 93,4 tonnes8 de billets de la sixieme serie que la BNS a commandes a Orell Fussli; pour ce qui est des processus de traitement a la BNS, ce chiffre a ete multiplie par la frequence de circulation moyenne annuelle et la duree de vie moyenne des billets. Concernant la consommation d’energie, le chauffage, le transport, l’infrastructure, les materiaux, les matieres auxiliaires et les processus d’elimination centraux, on s’est base sur des donnees standard normalement publiees.9 Les chiffres concernant la production de coton proviennent de sources specialisees et sont d’ailleurs souvent tres generaux.10 Ainsi, on ne connait par exemple que la quantite totale d’energie utilisee par kilogramme de coton recolte. Comme la fabrication du papier ne necessite comparativement qu’une tres faible partie de coton de qualite, on a calcule l’impact ecologique de la production du coton par rapport a la valeur economique des fibres. Le transport du coton vers la Suisse n’a pas ete pris en compte, le pays d’origine etant inconnu. En ce qui concerne les linters et les blousses, les societes qui les fabriquent fournissent des donnees dont la qualite est jugee de moyenne a bonne. La fabrication du papier pour billets de banque fait aujourd’hui l’objet de donnees generales de qualite. L’electricite qu’utilise la societe landQart provient a 40% de sa propre centrale hydroelectrique, qui fonctionne d’ailleurs independamment de l’usine a papier. On a donc considere la totalite de l’electricite consommee comme provenant du reseau ordinaire.11 On dispose egalement de donnees fiables pour les differentes etapes de l’impression des billets. Ne sont pas pris en compte les processus generaux du type eclairage, administration et laboratoire. Les encres et vernis contiennent de 1 a 5% de substances toxiques de la classe 3 ou 4 (environ 400 kg par an). Les encres employees pour la serigraphie sont composees a 50% de substances toxiques de la classe 3 ou 4. Apres sechage, les encres et vernis perdent leur toxicite. On ne sait rien en revanche de la fabrication de la pellicule metallique (Cinegramme). Comme le poids de la pellicule porteuse synthetique predomine, on a utilise a cet egard des donnees standard sur le polyethylene. Les donnees concernant les etapes franchies a la BNS sont issues de son ecobilan annuel d’exploitation. Si les petits comptoirs ont fourni des informations fiables, il a fallu deduire les donnees concernant les deux sieges de celles emises par les succursales. En ce qui concerne le traitement des dechets, les billets de banques transmis aux UIOM sous forme de confettis sont traites comme du papier neuf ordinaire, a defaut d’informations precises sur les substances contenues dans les encres seches. Ce point ne devrait pas poser de probleme, car selon les donnees disponibles, les encres et les vernis ne contiennent plus de substances polluantes. L’electricite et la chaleur utile produites par l’UIOM lors de l’incineration a ete imputee au papier. Les resultats de l’ecobilan des billets de banque sont d’abord exposes ici en fonction de leur impact ecologique global, mesure au moyen des unites de charge ecologique UCE 97. Suit l’impact de la circulation des billets sur l’effet de serre, l’acidification et la formation d’ozone. Pollution L’illustration 11 montre l’impact ecologique des differentes etapes du processus. Les activites les plus polluantes de la BNS sont le stockage et le traitement des billets, qui representent quelque 1300 millions d’UCE 97, c’est-a-dire la moitie de la pollution totale. L’impression et la production du papier sont nettement moins nocives, puisqu’elles ne generent qu’un tiers des UCE 97. Le poids du stockage et du traitement s’explique notamment par le fait que les trieuses de la BNS, la climatisation et l’eclairage des locaux fonctionnent toute l’annee, chaque billet etant trie de cinq a six fois au cours de sa vie. En revanche, il suffit de quelques mois pour imprimer les billets neufs necessaires chaque annee, et d’environ trois semaines pour fabriquer le papier. Les 10% de pollution lies a la matiere premiere qu’est le coton ne sont pas insignifiants, bien que les donnees manquent de precision dans ce domaine. L’impact du traitement des dechets est par contre tout a fait negligeable. De maniere generale, on constate que dans la plupart des cas, surtout pour le stockage et le traitement, c’est l’electricite qui pollue le plus. Les transports, le chauffage, les dechets speciaux (generes par l’impression) et les emissions (engrais et pesticides utilises pour la production du coton) ont egalement un impact important. La prise en compte de l’infrastructure (machines, chambres fortes, vehicules, etc.) accroit la pollution generale de 13%,12 l’impact principal provenant toujours de la BNS. La pollution augmente encore si au lieu du courant suisse on se base sur le melange de courant europeen, qui comprend une plus grande part de centrales au charbon et au fioul. On obtient une repartition differente des pollutions si au lieu des UCE 97, on base l’evaluation sur l’eco-indicateur 95 repandu dans l’UE13. Selon cette methode, pres d’un tiers de la pollution totale proviendrait du coton, car les pesticides utilises dans sa production ont une ponderation superieure a celle retenue dans les UCE 97. Dans les autres domaines, les relations restent a peu pres equivalentes. L’effet de serre designe le rechauffement de l’atmosphere du a un exces de gaz carbonique, de methane et d’autres gaz. L’illustration 12 represente les gaz a effet de serre resultant des differents processus, en tonnes equivalentes de CO2. Le volume total des emissions, pour un besoin annuel moyen de 93,4 tonnes de billets, s’eleve a environ 1,6 million de tonnes equivalentes de CO2. Cela correspond a l’effet de serre engendre par la combustion d’environ 650000 litres de fioul domestique extra leger ou de diesel, soit a la consommation annuelle en chauffage de quelque 200 maisons familiales. Comme pour la pollution generale, c’est encore le traitement et le stockage a la BNS qui sont le plus nocifs, en raison de leur forte consommation d’energie. Les trois processus restants representent ensemble moins de la moitie des emissions de C02. Les degagements d’acides («pluies acides») attaquent les plantes et modifient l’acidite des sols, generant des metaux lourds. L’illustration 13 represente l’acidification par equivalents de dioxyde de soufre mesuree en kilogrammes. Le volume total des emissions s’eleve a quelque 10 tonnes equivalentes de SO2, ce qui correspond a la combustion de 3 millions de litres de fioul domestique ou de 400000 litres de diesel dans un poids-lourd. La repartition des emissions sur les differents processus fournit un resultat analogue a celui de l’effet de serre. Le tableau change nettement quant a l’ozone, mesure en kilogrammes equivalents d’ethylene, qui apparait sous l’effet combine d’hydrocarbures (solvants par ex.), d’oxydes d’azote et des rayons du soleil. Le total de ses emissions s’eleve a une tonne equivalent d’ethylene, ce qui correspond au degagement d’ozone produit par la combustion de 15 millions de litres de fioul domestique ou de 500000 litres de diesel dans un poids-lourd. La serigraphie et le laquage des billets en produisent une part importante. La pollution liee aux billets de banque suisses represente une part importante de l’ecobilan de la BNS.