Dans les produits semi-finis et les biens de consommation, la hausse des prix etait, en octobre, de 12,4% et 5,2%, soit a peu pres semblable a celle de juillet. Au troisieme trimestre, le rencherissement est reste a 0,5% dans les biens d’equipements importes; en octobre, il s’est toutefois accelere, passant a 1%. Prix du petrole: pressions a la hausse moins vive Les impulsions inflationnistes qui ont emane des prix du petrole devraient faiblir en 2001. D’une part, l’offre de petrole s’est accrue apres le relevement de la production par les pays de l’OPEP et la mise sur le marche d’une partie des reserves strategiques americaines. D’autre part, la demande excedentaire de petrole va vraisemblablement diminuer dans le sillage du tassement de la croissance economique dans le monde. En ce qui concerne les autres matieres premieres et les produits semi-finis, on peut s’attendre, pour les memes raisons, a un relachement des pressions a la hausse sur les prix. Effet moderateur sur le rencherissement, du aux cours de change Le repli massif du franc face au dollar entre le debut de 1999 et le milieu de 2000 avait stimule l’augmentation des prix a l’importation. Comme le cours reel du franc, pondere par les exportations, est reparti legerement a la hausse depuis le deuxieme trimestre, les impulsions inflationnistes dues a l’evolution des cours de change devraient faiblir. Aucun effet a la hausse ou a la baisse des prix n’est a attendre dans un proche avenir de l’utilisation des capacites de production. L’ecart de production, un indicateur important de l’utilisation des capacites de production, a presque completement disparu vers le milieu de l’annee. Depuis, la demande globale croit a peu pres au meme rythme que la production potentielle. Cette evolution devrait se poursuivre en 2001, car la croissance du produit interieur brut reel attendue par la Banque nationale, soit 2,2%, est approximativement semblable a la croissance potentielle estimee. Prix stables a la production L’indice des prix a la production mesure l’evolution des prix, depart usine, des produits fabriques en Suisse et, partant, renseigne sur la pression sur les couts dans l’industrie. Au troisieme trimestre et en octobre, il est reste quasiment inchange, s’inscrivant 0,7% et 0,6% au-dessus des niveaux de la periode correspondante de 1999. Les prix des matieres premieres ont diminue de 2,7%, alors que ceux des produits semi-finis et des biens de consommation ont augmente de 0,9% et de 0,5%; de leur cote, les prix des biens d’equipement ont marque une legere hausse (0,2%), pour la premiere fois depuis le debut de l’annee. Les prix des biens destines au marche suisse n’ont pas ete releves notablement, mais ils etaient superieurs de 1,4% a leur niveau de la periode correspondante de 1999. Hausse attendue des prix L’enquete du Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ montre qu’il faut s’attendre a une hausse des prix dans les marchandises. Si la part des entreprises axees sur le marche suisse et tablant sur des prix d’achat en augmentation s’est accrue nettement a partir de 1999 deja, celle des entreprises qui prevoient des prix de vente plus eleves a progresse sensiblement au troisieme trimestre. Augmentation des prix des services Les loyers des logements jouent un grand role dans l’evolution des prix des services; ils y entrent en effet pour plus d’un tiers. Du fait du relevement des taux hypothecaires, des hausses de loyers sont escomptees ces prochains mois. La part des logements vacants, certes en recul mais toujours elevee, devrait toutefois rendre plus difficile une repercussion entiere des couts hypothecaires supplementaires. Pression moderee a la hausse des prix, emanant du marche du travail Les tensions sur le marche du travail influent elles aussi fortement sur le rencherissement interieur. Selon les previsions du Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ, les salaires reels progresseront en moyenne de 2,1% en 2001 et de 2,3% en 2002. Comme ces relevements ne pourront etre que partiellement compenses par des gains de productivite (2001: +1,3%; 2002: +1,2%), les couts unitaires du travail seront plus eleves a moyen terme. Ils ne pourront sans doute pas etre entierement repercutes sur les prix des biens et des services, en raison d’une concurrence qui restera vive. La Banque nationale evalue les risques inflationnistes a moyen terme a peu pres au meme niveau qu’en juin 2000. L’examen de la politique monetaire effectue le 14 septembre lors de l’appreciation trimestrielle de la situation a montre que le durcissement opere depuis le debut 2000 devrait suffire a eviter une surchauffe de la conjoncture et a assurer la stabilite des prix a moyen terme. A l’occasion de sa conference de presse du 8 decembre, la Banque nationale a confirme cette appreciation et maintenu a 3%–4% la marge de fluctuation du Libor a trois mois. Si ce dernier reste au niveau actuel de 3,5%, le rencherissement devrait passer legerement au-dessus de 2% en 2001, puis retomber sous cette barre au cours de l’annee 2002 et s’inscrire en moyenne a 1,7% en 2003. L’acceleration temporaire du rencherissement en 2001 s’explique en partie par la vigueur de la conjoncture en 2000 et par la hausse massive des prix des produits petroliers. Les previsions d’inflation de la Banque nationale pour les trois prochaines annees font l’objet des graphiques 6.2 et 6.3. Elles reposent sur les resultats de plusieurs modeles macroeconomiques de l’economie suisse et de l’analyse de l’evolution des agregats monetaires, notamment de M3. En outre, elles partent de l’hypothese que le produit interieur brut reel croitra de 3,3% en 2000, de 2,2% en 2001 et de 1,6% en 2003. Dans une petite economie comme celle de la Suisse, l’evolution de la conjoncture a l’etranger, en particulier aux Etats-Unis et en Europe, joue un role essentiel. La Banque nationale table sur le fait que les impulsions vont faiblir aux Etats-Unis et que l’essor de l’economie perdra de son dynamisme en Europe. En ce qui concerne l’evolution des cours de change, la Banque nationale s’attend a une legere hausse du cours du franc pondere par les exportations; ces prochains trimestres, le franc devrait gagner un peu de terrain notamment face au dollar. Enfin, on suppose que, ces deux ou trois prochaines annees, les prix du petrole vont se replier d’environ 20% par rapport a leur niveau maximal de septembre 2000. Les exportations de capitaux en vue d’investissements directs a l’etranger ont double, passant de 27,2 milliards en 1998 a 54 milliards de francs en 1999. Les acquisitions et augmentations de capital ont porte sur 27,6 milliards de francs en 1999, contre 16,9 milliards l’annee precedente. Les benefices reinvestis dans les filiales a l’etranger – ils entrent eux aussi dans la composition des exportations de capitaux – se sont accrus de 11,3 milliards pour atteindre 18,5 milliards de francs. En outre, des credits ont ete accordes a des filiales a l’etranger pour 7,9 milliards de francs, contre 3,1 milliards en 1998. Le secteur des services a investi a l’etranger 43,3 milliards de francs en 1999, soit un montant depassant de 25,8 milliards celui de l’annee precedente. Les exportations de capitaux des banques, qui se sont etablies 9,6 milliards de francs en 1999, ont servi en grande partie a l’assainissement de participations a l’etranger.