Ces mouvements traduisent la reaction des investisseurs a la hausse des taux d’interet, en juin, sur le marche monetaire. La masse monetaire M1, qui est constituee du numeraire en circulation, des depots a vue et des comptes de transactions, a flechi de 5% en l’espace d’un an. Quant a M2, soit M1 et les depots d’epargne, elle a recule de 7,3% pendant le meme laps de temps. Ralentissement de la croissance des credits en Suisse Les credits accordes par les banques a des debiteurs suisses se sont replies, apres une phase de croissance qui a dure jusqu’en mars. A fin septembre, ils depassaient de 1,9% seulement le niveau observe un an auparavant. Dans leur evolution, les creances sur la clientele – sans garantie hypothecaire – ont joue un role determinant. Ces creances, qui sont relativement sensibles aux fluctuations de la conjoncture ont fortement augmente jusqu’en mars, puis de nouveau diminue. Les creances hypothecaires reagissent moins aux variations de la conjoncture. Elles ont par consequent evolue de maniere relativement stable. A fin septembre, le taux annuel de croissance des creances sur la clientele non garanties par hypotheque ne depassait que faiblement celui des creances hypothecaires (2,5%, contre 1,7%). Ecarts substantiels entre les categories de banques La repartition des etablissements bancaires par categories montre que les credits accordes par les grandes banques ont diminue a partir de fin 1999 et que leur repli a dure jusqu’en juillet. En revanche, les prets octroyes par les banques des autres categories ont continue a progresser. Leur croissance a ete tres moderee dans les banques cantonales et regionales, mais vigoureuse dans la categorie des autres banques, qui comprend les Banques Raiffeisen. Dans le segment des creances sur la clientele non garanties par hypotheque, seules les banques cantonales ont encore accru leurs prets entre juillet et septembre; jusqu’au printemps de 2000, les grandes banques et la categorie des autres banques avaient fortement contribue a la croissance de ces creances. Depuis le debut des annees nonante, les banques regionales sont devenues prudentes et ont continue, au troisieme trimestre, a reduire leurs credits non garantis par hypotheque au profit des creances hypothecaires. Les banques cantonales, qui avaient accru leurs creances hypothecaires jusqu’en mai, les ont reduites legerement ces derniers mois. Dans les grandes banques, les creances hypothecaires ont diminue entre debut 1998 et fin 1999, puis se sont stabilisees. Les banques regionales ont ete les seules a accroitre encore leurs creances hypothecaires entre juillet et septembre. Forte activite sur le marche des capitaux Sur le marche suisse des emissions, l’activite est restee forte au troisieme trimestre. Des actions et emprunts obligataires suisses ont ete emis pour un montant correspondant a celui du deuxieme trimestre. Les remboursements ayant diminue, le prelevement net a quelque peu augmente (+0,6 milliard de francs). Il atteignait 5,3 milliards de francs, soit le double du chiffre du troisieme trimestre de 1999. De ce montant, 4,2 milliards de francs revenaient aux emprunts obligataires et 1,2 milliard aux actions. Le recours net au marche suisse des capitaux par les emprunts obligataires de debiteurs etrangers s’est chiffre a 6,2 milliards de francs au troisieme trimestre. Il depassait de 2,5 milliards de francs le resultat du trimestre precedent et de 1 milliard celui de la periode correspondante de 1999. Le prelevement net opere sur le marche suisse des capitaux par les emissions suisses et etrangeres a atteint 11,5 milliards de francs. Il a augmente de plus de 3 milliards de francs par rapport a la periode precedente et de presque 4 milliards par rapport au troisieme trimestre de 1999. Les emissions ont porte sur des emprunts ordinaires («straights»). Dans le compartiment suisse, plus de la moitie des emprunts emis etaient assortis d’echeances longues, ce qui s’explique principalement par la politique de la Tresorerie federale. Dans le compartiment etranger en revanche, les echeances courtes et moyennes ont domine. Au troisieme trimestre de 2000, l’economie suisse a conserve l’allure plus moderee qu’elle avait prise au deuxieme trimestre. Le produit interieur brut reel a augmente de 2% par rapport au trimestre precedent; en comparaison annuelle, la croissance economique s’est ralentie, passant de 3,8% a 3,6%. L’essor conjoncturel reposait toujours sur une large assise. Les exportations ont continue a faire preuve de dynamisme. La demande interieure, en particulier la consommation privee et les investissements en biens d’equipement, a contribue elle aussi a la croissance economique. Situation toujours bonne dans l’industrie Les enquetes mensuelles que le Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ a effectuees entre juillet et octobre donnent une image toujours favorable de l’industrie. Les entreprises ont, en nette majorite, porte un jugement favorable sur la marche des affaires. Neanmoins, les signes annoncant que la conjoncture avait atteint son apogee au cours de l’ete de 2000 se sont multiplies. Les entrees de commandes et la production ont progresse plus lentement qu’au deuxieme trimestre, et cela aussi bien par rapport a la periode precedente qu’en comparaison annuelle. En outre, les carnets de commandes, qui sont toujours consideres comme bien remplis, etaient egalement un peu moins garnis qu’au trimestre precedent. Enfin, les stocks de produits finis ont de nouveau augmente quelque peu, malgre une legere reduction du rythme de production. Vigoureuse expansion de l’industrie d’exportation Jusqu’ici, le leger affaiblissement de la conjoncture n’a ete perceptible que dans l’industrie axee essentiellement sur le marche interieur. La marche des affaires dans ce secteur a marque une legere deterioration entre juillet et octobre, et la production a progresse plus lentement qu’a la periode precedente. En revanche, la marche des affaires des branches a vocation exportatrice, qui atteignait deja un niveau tres eleve, a continue a s’ameliorer. Mais des signes de ralentissement ont commence a apparaitre dans ce secteur egalement. Par rapport a la periode precedente, les entrees de commandes ont augmente un peu plus lentement. Les carnets de commandes etaient en revanche toujours aussi eleves, et les stocks de produits finis, toujours aussi bas. Par consequent, la production devrait encore s’accroitre au cours des prochains mois. Perspectives favorables pour l’industrie Les indicateurs avances, tels que les previsions en matiere de commandes, de production et d’achats de produits intermediaires, annoncent une nouvelle hausse de la production industrielle. Si l’industrie axee surtout sur le marche interieur table sur la pour-suite d’une expansion moderee, l’industrie d’exportation s’attend a un ralentissement de la forte expansion de ses ventes. PIB: previsions pour les annees 2001 et 2002 Apres la reprise etonnamment forte de la conjoncture en l’an 2000, les instituts suisses de recherches conjoncturelles prevoient, pour 2001, une croissance economique moins vive, mais reposant toujours sur une large assise1. Selon les previsions publiees entre fin septembre et debut novembre, l’economie suisse devrait croitre de 2,3% l’an prochain, apres un pronostic d’expansion de 3,2% pour 2000; la Banque nationale table, pour 2001, sur une croissance reelle de 2,2%. Le ralentissement de l’essor des exportations – l’expansion devrait passer de pres de 9% en 2000 a 5% en 2001 – jouera un role important. La demande interieure devrait augmenter de 2,1%, soit d’un demi-point de moins qu’en 2000; tant la consommation privee que les investissements continueront a soutenir la conjoncture. En 2002, la croissance reelle devrait encore faiblir pour s’inscrire a 1,8%; la BNS s’attend a un rythme de 1,6%. Compte tenu de l’incertitude considerable liee a une prevision a deux ans, ses valeurs extremes (1,3% et 2,1%) sont plus eloignees que celles de la prevision a un an2. Croissance plus lente des exportations Au troisieme trimestre, la vigoureuse croissance des exportations s’est poursuivie1.