En octobre, la prime due a l’echeance annuelle etait de dix points de base environ. Abstraction faite de cette prime, le Libor a trois mois s’etablissait a 3,4% en octobre, soit a son niveau de juillet; il etait aussi tres proche du centre de sa marge de fluctuation. Entre juillet et octobre, les taux d’interet etrangers n’ont pas evolue uniformement. Les taux americains sont restes presque inchanges, alors que la BCE et la Banque du Japon ont releve leurs taux directeurs. Par consequent, l’ecart a diminue entre les remunerations des depots en francs et en yens, mais augmente entre celles des depots en euros et en francs. En moyenne du mois d’octobre, le Libor pour les depots a trois mois en francs etait inferieur de 3,3 points a celui du dollar et de 1,5 point a celui de l’euro, mais superieur de 3 points a celui du yen japonais. Comme les Libor a trois mois pour les depots en dollars, en euros et en francs ont augmente dans la meme mesure le 28 septembre, la prochaine echeance annuelle n’a guere influe sur les ecarts entre les remunerations servies sur les depots a trois mois libelles dans ces trois monnaies. ... des rendements obligataires Le rendement des emprunts de la Confederation ayant une duree residuelle de dix ans n’a guere varie entre juillet et octobre. Il s’inscrivait a 3,9% a fin octobre, contre 4% a fin juin. Ainsi, l’ecart par rapport au rendement a l’emission des creances comptables a trois mois sur la Confederation est reste largement inchange (0,6 point). Les differences entre les rendements des emprunts publics etrangers et suisses ayant une duree residuelle de dix ans ont evolue de la meme maniere que les ecarts observes sur le marche monetaire. Les ecarts entre les rendements des obligations de la Confederation et ceux des emprunts publics americains et japonais ont diminue, alors que la difference entre les rendements en Suisse et dans la zone euro s’est creusee. A fin octobre, les rendements des emprunts de la Confederation etaient inferieurs de 1,8 point a ceux des emprunts d’Etat americains et de 1,5 point a la moyenne des emprunts publics des pays de la zone euro, mais superieurs de 2,1 points aux rendements des titres emis par l’Etat japonais. Hausse des taux hypothecaires Les taux hypothecaires ont continue a augmenter entre juillet et octobre. La hausse, limitee avant tout aux taux des nouvelles hypotheques au deuxieme trimestre, s’est etendue aux conditions appliquees aux anciennes hypotheques au troisieme trimestre et en octobre. Entre debut juillet et debut novembre, les banques cantonales ont porte de 4,18% a 4,41% le taux moyen des anciennes hypotheques et de 4,36% a 4,44% celui des nouvelles hypotheques. En outre, les banques cantonales ont releve de 1,4% a 1,55% la remuneration moyenne des depots d’epargne, mais maintenu inchangee celle des obligations de caisse. Pour de nombreuses banques, ces fonds traditionnels suffisent de moins en moins a financer les operations hypothecaires. C’est pourquoi, elles recourent davantage a des fonds plus onereux, notamment a des credits interbancaires. Hausse des actions jusqu’en aout Apres leur leger tassement en janvier, les indices boursiers suisses ont progresse continuellement entre fevrier et aout. Leur tendance s’est de nouveau inversee en septembre et en octobre. De ce fait, le Swiss Performance Index (SPI) ne depassait plus, a fin octobre, que de 11% son niveau de fin decembre 1999. Le repli des cours des actions en septembre et en octobre ne s’est pas limite a la Suisse. Les indices boursiers ont recule dans tous les grands pays industrialises. La chute a ete particulierement forte du cote des titres technologiques et de ceux des telecommunications. Alors que la baisse des valeurs technologiques avait ete accompagnee, en avril et en mai, d’une hausse des actions des societes financieres et pharmaceutiques, le mouvement de repli s’est etendu a presque tous les secteurs en septembre et en octobre. L’incertitude a decoule surtout des prix des produits petroliers et des perspectives en matiere de taux d’interet aux Etats-Unis. Faiblesse de l’euro Entre juillet et novembre, les marches des changes ont ete marques par la faiblesse prononcee de l’euro. En depit des perspectives conjoncturelles favorables de la zone euro, les flux de capitaux ont continue a se diriger vers les Etats-Unis et les marches ont montre peu de confiance dans la monnaie unique europeenne. Les interventions concertees des banques centrales en septembre et le relevement du taux directeur de la BCE au debut d’octobre sont restes presque sans effets. Au debut de novembre, la BCE a procede a de nouveaux achats de soutien, et l’euro s’est legerement redresse. A fin novembre, l’euro valait 0,87 dollar, d’ou une baisse de 8,7% par rapport a son cours du debut du troisieme trimestre. Il a faibli egalement vis-a-vis de la livre sterling (–3%) et du yen japonais (–4,9%). Raffermissement du franc par rapport a l’euro a partir de septembre Comme l’euro, le franc a faibli face au dollar au troisieme trimestre. Apres avoir suivi une evolution semblable a celle de l’euro jusqu’en aout, il s’est raffermi a partir de septembre. L’euro valait 1,51 franc a fin novembre, ce qui traduit une revalorisation du franc de 3,1% depuis le debut du troisieme trimestre. Par rapport au dollar, le franc est reste tendanciellement faible; en octobre, il fallait 1,82 franc pour acquerir un dollar, soit un niveau qui n’avait plus ete observe depuis de nombreuses annees. Le franc s’est ensuite redresse, et le dollar valait 1,73 franc a fin novembre. En novembre, le cours nominal du franc, pondere par les exportations, etait inferieur de 0,3% a son niveau de juillet. Apres correction des ecarts d’inflation, le cours du franc, pondere par les exportations, a regagne 0,3% entre juillet et novembre; il depassait alors de 1% le niveau observe un an auparavant. Faible croissance de la monnaie centrale Au cours des dix premiers mois de cette annee, la monnaie centrale desaisonnalisee a marque une tendance au tassement. Apres l’echeance annuelle 1999/2000, caracterisee par une demande de liquidites extremement forte, elle a diminue mois apres mois, sauf en juin et en septembre. Par consequent, sa progression en comparaison annuelle etait de 0,7% seulement en octobre. En donnees corrigees des variations saisonnieres, les billets en circulation, qui representent 90% de la monnaie centrale, ont atteint leur niveau le plus bas de l’annee en mai; par la suite, ils se sont remis a augmenter legerement. En octobre, ils depassaient de 2,2% le niveau observe un an auparavant. Leur croissance a decoule une fois encore de la demande de coupures de mille francs. Les autres coupures, dont l’evolution est normalement en correlation assez etroite avec celle du produit interieur brut, n’ont pas contribue a l’expansion des billets en circulation au cours des douze derniers mois. La seconde composante de la monnaie centrale, les avoirs que les banques detiennent en comptes de virements a la Banque nationale, a enregistre elle aussi de fortes fluctuations pendant la periode examinee. Apres de sensibles accroissements saisonniers en juin et en septembre, les avoirs en comptes de virements se sont chaque fois replies rapidement. En moyenne du troisieme trimestre, ils etaient inferieurs de 11% a leur niveau de la periode correspondante de 1999. En octobre, leur recul atteignait 16,2% en comparaison annuelle. Repli de M3 en un an Apres avoir diminue constamment, d’un trimestre a l’autre, du quatrieme trimestre de 1999 au deuxieme de 2000, l’agregat monetaire au sens large M3 a de nouveau augmente quelque peu. Sa progression par rapport au deuxieme trimestre est cependant restee modeste (0,2%). En comparaison annuelle, M3 a flechi de 2,1% au troisieme trimestre. Son evolution n’annonce pas une acceleration du rencherissement a long terme. Des transferts ont ete observes, au troisieme trimestre egalement, entre les diverses composantes de M3. Ainsi, les depots d’epargne, les depots a vue et les comptes de transactions ont diminue, alors que les depots a terme se sont accrus.