Le recours net aux marches financiers internationaux a porte sur 1071 milliards de dollars, contre 1243 milliards en 2000. Le prelevement net opere par les emissions d’emprunts a moyen et long terme a augmente une nouvelle fois, mais un fort recul a ete observe du cote des instruments du marche monetaire. La repartition des emissions selon la monnaie montre que, d’une annee a l’autre, la part de l’euro a progresse de 6 points pour atteindre 44%. La part du dollar a diminue de 2 points, passant a 47%. Le yen et la livre sterling ont eux aussi perdu des parts de marche, tandis que le franc suisse a joue un role insignifiant, comme les annees precedentes. Les banques etablies aux Etats-Unis et en Europe ont enregistre un recul, substantiel pour nombre d’entre elles, de leurs benefices. Elles ont ressenti les effets de la degradation de la conjoncture, mais aussi, en particulier, de l’effondrement des operations sur actions et obligations. Le processus de consolidation du secteur bancaire s’est poursuivi dans les pays industrialises. Par des reprises, des fusions et des alliances, les banques ont cherche a reduire leurs couts et a atteindre la taille necessaire pour se maintenir dans un contexte de durcissement de la concurrence nationale et internationale. La situation des banques nippones a continue a se deteriorer. Les credits douteux ont augmente, et l’effondrement des cours boursiers a contraint les banques a proceder a des amortissements eleves sur les titres. Le gouvernement a adopte diverses mesures pour accelerer la reforme du secteur bancaire. Ces mesures visent en particulier a renforcer la surveillance exercee par l’Etat, conjointement avec des experts-comptables independants, et a elargir les competences de la societe de valorisation detenue par l’Etat. La tache de cette societe consiste a reprendre et a assainir les banques aux prises avec des difficultes, mais aussi les credits bancaires d’autres debiteurs. La crise economique en Turquie a entraine des fermetures et des fusions dans le secteur bancaire. L’Etat, qui avait repris plusieurs banques, a commence a vendre ces etablissements a la suite de pressions du Fonds monetaire international et de la Banque mondiale. Il s’est par ailleurs engage dans une reforme de la legislation bancaire et a introduit des mesures pour renforcer l’application des regles par les etablissements financiers. Dans les pays d’Europe centrale et orientale, la privatisation du secteur bancaire s’est poursuivie. Les banques des pays occidentaux ont renforce leur presence dans cette region. En Russie, la reforme du secteur bancaire n’a pas beaucoup progresse. En Europe et en Amerique du Nord, des pressions ont continue a inciter les bourses a accroitre leurs chiffres d’affaires par des fusions ou des alliances, a exploiter davantage les capacites de leurs systemes et a abaisser ainsi les couts moyens des operations sur titres. Ces pressions ont conduit notamment a la reprise du Liffe, la bourse londonienne des valeurs technologiques, par Euronext, creee l’annee precedente a partir des bourses d’Amsterdam, de Bruxelles et de Paris. En outre, la bourse virt-x, fondee en 2000 par la Bourse suisse et la plate-forme de negoce britannique Tradepoint, a commence son activite dans le negoce de blue chips europeennes. Apres les attentats terroristes aux Etats-Unis, de nombreux pays ont renforce leur dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux, notamment en elargissant le champ d’application des lois en vigueur pour mieux detecter les fonds d’origine criminelle et en dotant les autorites de surveillance de pouvoirs accrus. A fin octobre, le Groupe d’action financiere sur le blanchiment de capitaux (GAFI) de l’OCDE a publie de nouvelles recommandations visant a empecher le financement des organisations terroristes. En Suisse, la conjoncture a nettement perdu de sa vigueur. Un ralentissement s’etait deja dessine dans la seconde moitie de 2000, mais ce ralentissement avait alors paru souhaitable etant donne le taux eleve d’utilisation des capacites techniques, les signes toujours plus nombreux d’un assechement du marche du travail et le rencherissement de plus en plus menacant. Apres la deterioration rapide de la conjoncture sur le plan international et la crise profonde du secteur de la technologie, l’affaiblissement a pris cependant une ampleur plus forte que prevu. Le produit interieur brut reel a augmente de 1,3% en 2001, contre 3% l’annee precedente. Toutes les composantes de la demande ont marque un tassement. Le retournement de tendance a ete particulierement marque tant du cote des exportations que de celui des investissements en biens d’equipement. La consommation privee et, dans une moindre mesure, les investissements en constructions ont en revanche continue a soutenir la conjoncture. Le ralentissement de la conjoncture a influe tres fortement sur l’industrie. Outre l’industrie d’exportation, les entreprises produisant des biens technologiques en ont subi les effets. Miroir du climat regnant dans le secteur secondaire, l’indice de la marche des affaires dans l’industrie, calcule par le Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ, a sensiblement recule. Au second semestre, il s’inscrivait de nouveau dans la zone negative, pour la premiere fois depuis la crise asiatique des annees 1997 et 1998. Les commandes et la production ont diminue, tandis que les stocks de produits finis etaient consideres comme trop eleves. Le taux d’utilisation des capacites techniques a alors flechi pour s’etablir a 80,3% a la fin de l’annee, soit au-dessous de sa valeur moyenne a long terme, laquelle est de plus de 84%. La consommation privee a progresse de 2,3%, contre 2% en 2000. Soutenue par des revenus disponibles en hausse et par la bonne tenue de l’emploi, elle a evolue favorablement jusqu’en automne. Apres les attentats terroristes du 11 septembre et l’accumulation de mauvaises nouvelles en provenance de l’economie suisse, telle la debacle de Swissair, la confiance des consommateurs a bascule en octobre. Les menages ont alors reduit leurs depenses, avant tout dans le domaine des biens de consommation durables et onereux, mais aussi prefere voyager davantage dans le pays plutot qu’a l’etranger. L’hotellerie suisse a pu ainsi compenser en partie la baisse du nombre d’hotes etrangers. Apres plusieurs annees de vive expansion, les investissements en biens d’equipement ont marque un net tassement. En moyenne annuelle, ils ont diminue de 3,4%, alors qu’ils s’etaient accrus de 9% l’annee precedente. La demande a fortement recule du cote notamment des biens technologiques et des moyens de transport. Les investissements en biens d’equipement ont cependant contribue a hauteur de 14,2% au produit interieur brut reel, soit dans une proportion toujours superieure a celle du debut des annees nonante (12,3%). Les investissements en constructions ont augmente de 1,3%, contre 2,1% en 2000. Leur apport a la creation de valeur en Suisse etant eleve, ils ont neanmoins contribue fortement a la croissance. Comme l’annee precedente, les grands projets ferroviaires (NLFA, Rail 2000) ont fourni un soutien important a l’activite dans la construction. Stimulee par la hausse de l’emploi, la construction d’immeubles commerciaux a elle aussi evolue favorablement. Par contre, la construction de logements n’a plus progresse que dans quelques regions; dans l’ensemble de la Suisse, elle s’est legerement contractee en volume. L’industrie suisse d’exportation a pati de plus en plus du refroidissement de la conjoncture sur le plan mondial. La faiblesse de l’euro a elle aussi influe negativement sur les exportations. En volume, les ventes de marchandises a l’etranger ont progresse de 2,1%, soit a un rythme nettement inferieur a celui de l’annee precedente (7,1%). Grace a leur dynamisme au premier semestre, les exportations vers l’UE – cette region absorbe environ 60% des marchandises exportees par la Suisse – se sont accrues malgre tout de 5,2% en valeur.