Quant a la confiance des consommateurs, elle a faibli en ete. Mais, comme le climat des affaires, elle reste a un niveau eleve. Au Royaume-Uni, la croissance du produit interieur brut reel s’est legerement ralentie du deuxieme au troisieme trimestre. En comparaison annuelle, elle etait de 2,9%. Dans ce pays egalement, la confiance moins grande des consommateurs ainsi que le climat moins optimiste dans l’industrie et le secteur des services laissent presager un tassement de la conjoncture. Lente reprise de la conjoncture au Japon La conjoncture semble reprendre lentement pied au Japon. Soutenue par une demande etrangere ferme, la production industrielle a poursuivi sa progression. Au troisieme trimestre, elle depassait de 5,4% le niveau observe un an auparavant. Bien que la demande interieure soit restee peu vigoureuse, l’industrie a retrouve une certaine confiance. Pour la premiere fois depuis le milieu de 1997, les opinions positives et negatives se sont equilibrees. La situation s’est stabilisee sur le marche du travail: l’emploi a quelque peu augmente d’un trimestre a l’autre, et le chomage a legerement diminue. Hausse du rencherissement Au troisieme trimestre, l’evolution sur le front des prix a retrouve un certain calme, apres la poussee de rencherissement observee au premier semestre du fait avant tout de l’envolee des prix du petrole. Dans les sept grands pays industrialises, le rencherissement annuel – mesure a l’indice des prix a la consommation – s’etablissait a 2,6%, en septembre comme en juin. Il a passe de 3,7% a 3,5% aux Etats-Unis et est reste inchange a 3,3% au Royaume-Uni. Dans la zone euro par contre, il a augmente de 0,4 point pour s’inscrire a 2,8%. La legere tendance a la deflation a continue au Japon; en septembre, les prix a la consommation etaient inferieurs de 0,8% a leur niveau du meme mois de 1999. En aout, le rencherissement sous-jacent – indice des prix a la consommation sans l’alimentation et l’energie – s’est legerement accelere, passant de 1,8% a 1,9% en moyenne des sept grands pays industrialises et de 1,2% a 1,4% dans la zone euro. Resserrement de la politique monetaire sur le continent europeen Debut octobre, la Banque centrale europeenne (BCE) a releve son taux directeur, le taux de soumission minimal applique aux operations principales de refinancement, d’un quart de point pour le porter a 4,75%. Depuis novembre 1999, elle a ainsi procede a sept relevements de ce taux, pour un total de 2,25 points. Par ce durcissement de la politique monetaire, la BCE a voulu empecher que les pressions a la hausse sur les prix a la consommation – qui provenaient surtout des prix petroliers et des cours de change de l’euro – ne se transforment en une ten-dance durable a l’inflation. Elle a egalement rappele la croissance toujours vigoureuse de la masse monetaire M3 et des credits. En depit de cette mesure, l’euro a continue a faiblir face au dollar en octobre; la monnaie europeenne valait 0,84 dollar a fin octobre, contre 0,95 en juillet. Pour soutenir l’euro, la BCE est intervenue sur les marches des changes en novembre; en septembre, plusieurs banques centrales – BCE, Reserve federale et Banque du Japon notamment – avaient deja soutenu l’euro par des achats sur les marches des changes. Jusqu’a mi-novembre, l’euro s’est legerement redresse par rapport au dollar. Il a profite en particulier du ralentissement de la croissance aux Etats-Unis. Peu apres la hausse decidee par la BCE, la ban-que centrale du Danemark a porte son taux de l’escompte de 4,5% a 4,75%. Mais elle a laisse son taux directeur (taux de ses avances a deux semaines) a 5,6%; elle l’avait releve de 0,5 point, a fin septembre, apres le refus du peuple danois d’adherer a la zone euro. Comme la couronne danoise se raffermissait toujours plus face a l’euro, elle a ramene son taux directeur, en plusieurs etapes, a 5,3% jusqu’a fin octobre. Politique monetaire inchangee aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Japon Les banques centrales americaine et britannique ont maintenu leur politique monetaire inchangee; les dernieres hausses de leurs taux directeurs remontent ainsi a la mi-mai (6,5% aux Etats-Unis) et en mars (6% au Royaume-Uni). La ban-que centrale americaine a souligne que la demande globale s’approchait manifestement du potentiel de croissance de l’economie et que les gains de productivite eleves etaient a meme d’absorber les hausses de prix. La Banque d’Angleterre a juge elle aussi qu’aucun danger inflationniste n’etait imminent; en particulier, elle a estime que l’evolution des couts de la main-d’oeuvre n’etait pas preoccupante. Le taux de rencherissement qui sert de reference a la Banque d’Angleterre – il ne tient pas compte des couts hypothecaires – etait de 2,3% en septembre, soit inferieur a l’objectif de 2,5%. La Banque du Japon n’a pas non plus modifie sa politique; a mi-aout, elle avait abandonne sa politique de taux d’interet zero et fixe a 0,25% le taux de l’argent au jour le jour. Evolution divergente des taux d’interet Entre juillet et octobre, les taux d’interet a long terme ont suivi des tendances divergentes sur les marches internationaux, mais leurs fluctuations sont restees finalement faibles. Aux Etats-Unis, le rendement des emprunts d’Etat a dix ans a diminue de 0,4 point pour s’inscrire a 5,7%; il s’est maintenu a 5,4% dans la zone euro. Au Royaume-Uni et au Japon par contre, il a augmente legerement, passant respectivement a 5,4% et 1,8%. Ralentissement de la croissance en 2001 et en 2002 Dans ses previsions d’automne1, l’OCDE table sur un accroissement reel du produit interieur brut des Etats membres de 3,3% en 2001 et de 3,1% en 2002. Par consequent, la croissance economique moyenne sera inferieure d’un point environ a celle de l’an 2000 (4,2%). La politique monetaire plus restrictive et, dans une moindre mesure, les prix eleves des produits petroliers auront des effets moderateurs. L’OCDE estime que le prix du petrole restera a environ 30 dollars le baril jusqu’au milieu de 2001 et qu’il reculera legerement par la suite. Les Etats-Unis enregistreront probablement le plus fort ralentissement de la croissance economique. L’OCDE s’attend a une croissance reelle de l’economie americaine de 3,5% en 2001 et de 3,3% en 2002, contre 5,3% en 2000. Pour l’UE, elle prevoit une expansion de 2,9% en 2001 et de 2,7% en 2002, soit environ un demi-point de moins qu’en 2000. La demande etrangere devrait flechir sous l’effet du dynamisme faiblissant aux Etats-Unis. En revanche, les baisses d’impots envisagees dans plusieurs pays europeens devraient donner de nouvelles impulsions a la demande interieure. Pour le Japon, l’OCDE escompte une croissance reelle de 2,4% en 2001 et de 2% en 2002. Cette evolution toujours favorable de la conjoncture s’accompagnera, en Europe surtout, d’une nouvelle et legere amelioration de la situation sur le marche du travail. L’OCDE prevoit que le taux moyen de chomage de l’UE s’etablira a 7,1% en 2002, d’ou un repli de 1,1 point; par contre, le taux devrait quelque peu augmenter aux Etats-Unis. Au cours des deux prochaines annees, le rencherissement – mesure a l’indice implicite de prix a la consommation – devrait se maintenir a 2% dans la zone de l’OCDE. Stabilite des taux a court terme et ... La marge de fluctuation du taux interbancaire a trois mois (Libor), fixee entre 3% et 4% par la Ban-que nationale, est restee inchangee au troisieme trimestre et en octobre. Sa derniere adaptation – une hausse d’un demi-point – remonte au 15 juin 2000. Le cap de la politique monetaire n’ayant pas ete modifie, les taux d’interet suisses a court terme sont restes generalement stables entre juillet et octobre. Le taux de l’argent au jour le jour a marque une tres legere tendance a la hausse; en moyenne mensuelle, il s’inscrivait a 3,1% en octobre, contre 3% en juillet. Le 28 septembre, le Libor a trois mois a fait un bond de 14 points de base pour atteindre 3,6%. Son augmentation s’explique par le fait que les depots a trois mois conclus a partir de cette date seront rembourses apres l’echeance annuelle, pour laquelle les operateurs sur les marches s’attendent a une hausse temporaire des taux d’interet.