En outre, 25% des actifs a l’etranger etaient libelles dans les diverses autres monnaies («Autres monnaies»). Dans les passifs envers l’etranger, la part du franc suisse s’etablissait a 53% a fin 1999, contre 61% un an auparavant. Elle a donc flechi davantage que du cote des actifs. La part du dollar a progresse, passant de 21% a 24%. Tant l’euro que les «Autres monnaies» avaient des parts de 11% a fin 1999. Un an auparavant, le mark allemand et les «Autres monnaies» formaient ensemble une part de 17% des passifs envers l’etranger. par Sophie M. Faber, Direction de la gestion des risques, Banque nationale suisse, Zurich et Andreas M. Fischer, Direction des etudes economiques, Banque nationale suisse, Zurich L’inflation dans le long terme est percue de facon consensuelle comme un phenomene monetaire. A court et a moyen terme cependant, diverses perturbations afferentes a l’economie reelle peuvent influer sur le taux d’inflation et accroitre sa volatilite. La banque centrale doit alors s’efforcer de distinguer une evolution inflationniste d’origine monetaire des fluctuations du niveau des prix dues a des perturbations reelles. En principe, la meilleure solution serait de construire et d’estimer un modele econometrique pour determiner la production et les prix. Ce modele serait ensuite utilise pour essayer d’identifier l’inflation causee par des facteurs monetaires. Eckstein (1981), a qui l’on doit la notion d’inflation sous-jacente, ainsi que Quah et Vahey (1995) ont suivi cette voie. Cette methode pose toutefois des problemes dans la mesure ou les resultats sont fortement influences par le choix du modele, alors meme qu’aucun modele ne fait l’objet d’une acceptation generale. De plus, elle n’est pas facile a communiquer a un large public. Pour ces raisons, diverses methodologies simplifiees permettant de calculer l’inflation sous-jacente ont, dans la pratique, ete adoptees. Une methode simple consiste a eliminer du panier-type1 de l’indice des prix a la consommation (IPC) les biens dont les prix sont frequemment influences par des perturbations temporaires et exogenes. Il s’agit notamment des produits energetiques et alimentaires. Cette methode est devenue tres populaire ces dernieres annees; l’indice des prix a la consommation ainsi rectifie est utilise pour mesurer l’inflation par de nombreux pays qui se sont expressement fixes un objectif direct de rencherissement. Proposee par Bryan et Cecchetti (1994), une autre methode consiste a eliminer, pour chaque periode, les categories de produits dont les prix varient le plus fortement a la hausse ou a la baisse. En d’autres termes, les extremites de la distribution des variations des prix observees sont eliminees. C’est la raison pour laquelle cette methode est sou-vent appelee methode de la moyenne elaguee. Les deux methodes aboutissent a des taux d’inflation sous-jacente dont la volatilite est plus faible et la persistance plus grande que le taux de variation de l’IPC non rectifie. Elles se basent sur des informations qui se rapportent aux dernieres variations des composants de l’IPC par rapport a la periode precedente et non sur l’analyse de longues series temporelles. La presente etude examine la pertinence d’utiliser les taux d’inflation sous-jacente ainsi obtenus comme indicateurs de l’evolution de l’inflation en Suisse. Dans la premiere partie, ces deux methodes visant a mesurer l’inflation sous-jacente sont examinees et completees par une methode consistant a laisser varier dans le temps le nombre (pondere) des categories de biens eliminees. La deuxieme partie decrit les caracteristiques de la distribution des variations de prix des composants de l’IPC et l’evolution des mesures de l’inflation sous-jacente calculees. Dans la troisieme partie, nous nous demandons si l’inflation sous-jacente permet d’ameliorer la prevision de l’inflation mesuree par l’IPC. En outre, nous examinons la correlation entre l’expansion de la masse monetaire et six mesures differentes de l’inflation; il s’agit de l’inflation mesuree par l’IPC (non rectifiee), de l’inflation mesuree par l‘IPC sans les denrees alimentaires et l’energie, ainsi que de quatre formes de la moyenne elaguee des variations de prix des composants de l’IPC. Quant a la quatrieme partie, elle est consacree a nos conclusions. Quelques definitions de l’inflation sous-jacente utilisees par les banques centrales des principaux pays industrialises figurent dans le tableau 1. Le nombre de categories de produits exclues de l’IPC est relativement limite. Quelques banques centrales, telle la Riksbank de Suede, identifient plusieurs taux d’inflation sous-jacente. Les produits energetiques et alimentaires sont les categories de biens les plus frequemment exclues. Dans certains pays, ces categories sont definies de facon plus stricte et sont, par exemple, limitees aux produits petroliers ainsi qu’aux fruits et legumes frais. L’exclusion de ces deux categories de produits est due a une volatilite particulierement elevee de leurs prix, domines par les fluctuations de l’offre sur lesquelles la politique monetaire n’a aucune influence. Il est un deuxieme composant qui est souvent exclu: les impots indirects. Bien qu’il soit habituellement peu volatil, il n’est aucunement lie a la politique monetaire ou aux conditions monetaires. Une hausse des impots indirects rencherit l’offre de produits et a ainsi le meme impact qu’une diminution de l’offre. Les interets de la dette hypothecaire est un troisieme element qui est egalement frequemment elimine. La principale raison reside dans le fait qu’un relevement des taux peut provisoirement entrainer une hausse du rencherissement mesure, dissimulant ainsi l’effet de moderation sur l’evolution des prix qui, finalement, doit en resulter. Ce phenomene apparait surtout en Grande-Bretagne, mais aussi en Suisse (par le biais du loyer des logements). En Suisse, l’Office federal de la statistique (OFS) publie, depuis la revision de l’indice national des prix a la consommation en mai 2000, deux mesures de l’inflation sous-jacente. Elles se fondent sur la methodologie decrite ci-dessus qui consiste a reduire de quelques composants le panier-type de l’IPC. L’inflation sous-jacente 1 de l’OFS exclut les produits alimentaires, les boissons, le tabac, les produits saisonniers, l’energie et les carburants et comprend 77% du panier initial. L’inflation sous-jacente 2 se definit comme l’inflation sous-jacente 1, deduction faite des produits dont les prix sont administres. Elle inclut 62% du panier de l’IPC. L’avantage de la methode decrite dans ce chapitre reside dans sa simplicite. Cependant, il semble discutable que les composants de l’IPC ne soient pas elimines sur la base de criteres clairs. La volatilite des prix des produits alimentaires et energetiques est certes elevee, mais d’autres biens a forte volatilite ne sont cependant pas exclus du panier-type. De plus, les deux categories mentionnees comprennent divers produits dont la volatilite des prix n’est pas superieure a la moyenne. Bryan et Cecchetti (1994), avec la methode de la moyenne elaguee, ont propose un autre critere de selection, reposant sur des reflexions d’ordre statistique. Les auteurs ont examine la distribution des variations de prix des divers composants de l’IPC mesurees durant une periode determinee. Les recherches menees dans differents pays ont montre que ces variations de prix n’ont pas une distribution nor-male. Elles ont, de surcroit, une trop forte masse aux extremites (fat tails). Dans ces circonstances, il est bien connu que la moyenne arithmetique de l’echantillon ne permet pas une estimation fiable de la moyenne theorique de la population. On parvient cependant a une estimation plus fiable en eliminant les valeurs extremes des deux cotes de la distribution.