La mesure de l’inflation sous-jacente doit permettre aux banques centrales de reconnaitre a temps une variation des tendances inflationnistes d’origine monetaire. Afin d’examiner le niveau de correlation des diverses mesures d’inflation avec l’inflation future mesuree par l’IPC, examinons les resultats des regressions qui decoulent des equations d’inflation suivantes: ou .tCPI correspond a l’inflation mesuree par l’IPC et ., a l’une des mesures d’inflation a choix. La periode de prevision, g, s’etend d’un trimestre a trois ans avec Le tableau 3 rassemble les statistiques R2 pour six mesures d’inflation et quatre periodes differentes (24 regressions). Les resultats montrent que le pouvoir explicatif des equations diminue lorsque l’horizon previsionnel s’accroit. En outre, ils revelent que les moyennes elaguees permettent generalement une meilleure prevision du niveau futur de l’inflation mesuree par l’IPC que ne le font l’inflation mesuree par l’IPC elle-meme ou l’inflation mesuree par l’IPC sans l’alimentation et l’energie. C’est uniquement a court terme (g = 1) que les moyennes elaguees donnent de moins bons resultats. Dans ce chapitre, nous examinons la question de la previsibilite de l’inflation sous-jacente. Diverses banques centrales ont en effet defini leur objectif d’inflation sur la base de l’inflation sous-jacente. En outre, meme si les banques centrales n’ont pas fixe d’objectif d’inflation ou ne mesurent pas celui-ci a l’aune de l’inflation sous-jacente, elles ont interet a connaitre le degre de previsibilite d’une variable qui est censee refleter la tendance inflationniste d’origine monetaire. En Suisse, la masse monetaire M3 s’est averee etre, pendant de nombreuses annees, un indicateur utile de l’evolution inflationniste a moyen et long terme. Ainsi, nous examinerons a present si la croissance de la masse monetaire M3 est davantage correlee avec les cinq mesures de l’inflation sous-jacente calculees qu’avec l’inflation mesuree par l’IPC. Les equations de regression s’expriment par: ou .M3t =ln(M3t /M3t –1) · 100. Le tableau 4 resume les resultats afferents a quatre horizons previsionnels differents et a six definitions differentes de l’inflation. Trois statistiques correspondent a chacune des 24 combinaisons. La premiere donne les valeurs p d’un test F de l’hypothese selon laquelle les coefficients des quatre taux de croissance de M3 sont tous egaux a zero dans l’equation (9). Les resultats montrent que la croissance de M3 ameliore le pouvoir explicatif de toutes les equations d’inflation pour un horizon temporel de 2 a 3 ans. Afin de determiner quelle est la mesure de l’inflation la plus correlee (correlation partielle) avec la croissance de la masse monetaire, comparons les valeurs R2 de l’equation estimee (9) avec et sans la masse monetaire M3. Les chiffres mis entre parentheses sont les valeurs R2 des regressions incluant M3, alors que les chiffres entre crochets se rapportent aux valeurs R 2 sans M3. Lors d’un horizon previsionnel plus long (g =12), les resultats montrent que la croissance de M3 est davantage correlee avec les moyennes elaguees (.) qu’avec l’inflation mesuree par l’IPC ou qu’avec l’inflation mesuree par l’IPC sans l’alimentation et l’energie. Les differences entre les valeurs de R 2, avec et sans M3, des equations estimees sont toujours plus elevees dans les regressions expliquant les moyennes elaguees. En outre, les regressions expliquant les moyennes elaguees ont generalement un R 2 superieur a celles qui expliquent l’inflation mesuree par l’IPC. En d’autres termes, le profil lisse de la moyenne elaguee facilite la prevision. Dans cette etude, nous avons examine le lien des differentes mesures d’inflation sous-jacente (calculees sur la base de donnees suisses) avec l’inflation mesuree par l’IPC et avec la croissance de la masse monetaire M3. Pour des previsions a long terme, les resultats montrent que la croissance de M3 est davantage correlee avec les principales definitions de l’inflation sous-jacente qu’avec l’inflation mesuree par l’IPC. Ces resultats revelent egalement que les quelques definitions de l’inflation sous-jacente parviennent a prevoir l’evolution de l’IPC suisse un peu mieux que ne le permet l’indice lui-meme. Parmi les differentes mesures d’inflation sousjacente, les resultats les plus encourageants sont ceux qui concernent les moyennes elaguees (.). Cela est vrai pour les correlations entre l’inflation sousjacente et la masse monetaire M3, autant que pour celles entre l’inflation mesuree par l’IPC et l’inflation sous-jacente. En outre, il apparait qu’au-dela d’un certain seuil, la valeur du parametre d’elagage . ne joue pas un role tres important. Les differences entre les resultats des regressions lorsque l’inflation est mesuree par l’IPC ou lorsqu’elle est mesuree par l’inflation sous-jacente sont en general relativement faibles. Cependant, l’inflation sous-jacente peut reveler des informations utiles pour la conduite de la politique monetaire. Pour les banques centrales, l’identification des facteurs responsables d’une variation actuelle des prix est de premiere importance pour pouvoir decider de la reaction a avoir. Elles ne suivront donc pas seulement l’evolution de l’indice general des prix, mais aussi celle des composants de cet indice, afin d’en tirer les enseignements necessaires quant aux forces agissant sur le niveau des prix. Dans ce contexte, les taux d’inflation sous-jacente, etant donne qu’ils ne prennent en consideration qu’une partie des composants de l’IPC, peuvent se reveler utiles. Ajoutons que les taux d’inflation sous-jacente ne sont que des indicateurs qu’il convient d’interpreter. Dans l’etat actuel de nos connaissances, il n’est donc pas imperatif de se concentrer sur une seule definition de l’inflation sousjacente. Marge de fluctuation inchangee du Libor a trois mois Lors de sa conference de presse du 8 decembre 2000, la Banque nationale suisse a publie sa prevision d’inflation pour les annees 2001 a 2003. Les risques d’inflation a moyen terme, a-t-elle estime, sont approximativement au meme niveau qu’en juin 2000. L’institut d’emission a par consequent maintenu a 3%–4% la marge de fluctuation du Libor a trois mois. En tant que banque centrale autonome, la Banque nationale suisse conduit la politique monetaire qui, avec la politique budgetaire et la politique de la concurrence, cree les conditions-cadres fondamentales pour l’evolution de l’economie. Conformement a la constitution et a la loi, elle doit servir les interets generaux du pays. Elle considere la stabilite des prix comme son objectif prioritaire. Stabilite des prix La stabilite des prix est une condition importante a remplir pour assurer la croissance et la prosperite. L’inflation et la deflation rendent difficile la prise de decisions pour les consommateurs et les producteurs, perturbent l’evolution economique et penalisent les economiquement faibles. Afin de maintenir le niveau des prix stable a moyen terme, la Banque nationale mene une politique monetaire en fonction des possibilites de croissance de l’economie. Elle assimile une hausse annuelle de l’indice suisse des prix a la consommation de moins de 2% a la stabilite des prix. Role dans les operations de paiement Une des taches importantes de la Banque nationale consiste a faciliter les operations de paiement. Avec les banques et la Poste, l’institut d’emission est l’un des principaux agents du trafic des paiements. Approvisionnement en numeraire La Banque nationale exerce, en vertu de la loi, le monopole d’emission des billets de banque.