Il est reste inchange a 0,4% dans les marchandises durables, alors qu’il a legerement faibli dans les marchandises semi-durables en comparaison annuelle. Biens et services a prix administres L’Office federal de la statistique (OFS) a etabli pour la premiere fois un indice des prix administres pour les biens et services. Cet indice englobe notamment les prestations hospitalieres et medicales, les prestations des chemins de fer, les concessions radio et television ainsi que des taxes. Sa ponderation est de 14,6% dans l’indice global des prix a la consommation. L’indice des prix administres a recule du fait de l’orientation a la baisse des prix des prestations hospitalieres et d’autres prestations dans le domaine de la sante. En aout, il etait inferieur de 0,9% a son niveau du mois correspondant de 1999, apres avoir diminue de 1,5% au deuxieme trimestre. Faible rencherissement de base Le rencherissement de base, qui est calcule par la Banque nationale et exclut les plus fortes variations de prix vers le haut et vers le bas (15% des biens entrant dans l’indice suisse sont ainsi exclus), s’est accelere du premier au deuxieme trimestre, passant de 1% a 1,2%; en aout, il s’etablissait de nouveau a 0,9%. De ce fait, il est reste inferieur au rencherissement mesure a l’indice des prix a la consommation. Cela montre que les facteurs speciaux poussant les prix a la hausse ont joue un plus grand role que les facteurs ayant un effet moderateur sur l’inflation. Le rencherissement de base fournit une indication sur la tendance de l’inflation qui resulte de l’evolution de la conjoncture. Les nouveaux taux d’inflation de base etablis par l’OFS excluent, par analogie a des donnees semblables publiees a l’etranger, les categories de biens qui, comme l’experience le montre, sont particulierement volatiles ou subissent les effets de facteurs speciaux. Le rencherissement de base 1 se fonde sur le panier de l’indice, abstraction faite de l’alimentation, des boissons, du tabac, des produits saisonniers, de l’energie et des carburants. Il s’inscrivait a 0,4% en aout, contre 0,6% en juillet (deuxieme trimestre: 0,5%). Le rencherissement de base 2, qui exclut en outre les prix administres des biens et services, etait de 0,7% en aout, apres avoir affiche des hausses de 1% depuis le mois de mai. L’evolution des prix des marchandises, selon l’indice des prix a la consommation, depend essentiellement de celle des prix a l’etranger et des cours de change. L’indice des prix des biens importes1 tient compte de ces deux facteurs. Nouvelle hausse des prix a l’importation Les prix des biens importes ont continue a augmenter au deuxieme trimestre; en juillet, ils depassaient de 6,8% leur niveau du mois correspondant de 1999 (avril: 6,3%). La pression a la hausse sur les prix a toutefois faibli par rapport a l’evolution observee au debut de l’annee. Les prix des produits petroliers et des metaux ont contribue une nouvelle fois a cette acceleration. Les matieres premieres et les produits semi-finis ont rencheri de respectivement 7% et 12,8%, les prix des biens de consommation augmentant de leur cote de 5,1%. Quant aux prix des biens d’equipement, ils n’etaient superieurs que de 0,5% a leur niveau de la periode correspondante de 1999. Ces prochains mois, l’evolution des prix a l’importation devrait egalement etre dominee par les prix des produits petroliers, qui ne vont guere baisser du fait de la vigoureuse demande. La bonne conjoncture mondiale entrainera vraisemblablement elle aussi des hausses de prix dans les autres matieres premieres, les produits semi-finis et les biens d’equipement. L’ampleur de la repercussion de ces hausses sur l’indice des prix a la consommation dependra avant tout de l’evolution de la productivite dans les entreprises et de la concurrence qui regnera sur les marches. Actuellement, ces deux facteurs moderent la pression a la hausse sur les prix des marchandises. Hausse des prix a l’importation, due a l’evolution des cours de change Durant les premiers mois de l’an 2000, l’affaiblissement du franc suisse face au dollar a notamment engendre des augmentations de prix dans les biens et services importes. Pondere par les exportations, le cours reel du franc a de nouveau marque une legere hausse depuis le deuxieme trimestre. De ce fait, la pression sur le rencherissement, due a l’evolution des cours de change, devrait faiblir quelque peu. Plus forte utilisation des capacites de production en Suisse Une utilisation accrue des facteurs de production, tant dans le domaine technique que sur le marche du travail, a tendance a renforcer le risque de rencherissement. Selon des estimations de la Banque nationale, il n’existe plus d’excedent notable de l’offre depuis le milieu de l’annee. Ainsi, l’effet moderateur sur l’inflation, qui decoulait, il y a peu de temps encore, de la sous-utilisation des capacites de production, a disparu. Augmentation des prix des services Du fait de la bonne conjoncture, des hausses de prix sont attendues avant tout dans le secteur des services. Le relevement des taux hypothecaires devrait notamment engendrer une augmentation des loyers des logements vers la fin de l’annee. La part des locaux inoccupes – elle diminue, mais reste elevee – fait qu’il sera toujours difficile de repercuter integralement la hausse des couts hypothecaires sur les loyers. En outre, des effets moderateurs sur les prix continueront d’emaner du marche liberalise des telecommunications. Des impulsions accrues sur le rencherissement sont escomptees egalement de la part du marche du travail. En depit d’un plus grand manque de main-d’oeuvre, la pression sur les salaires devrait toutefois demeurer moderee et se repercuter faiblement sur le rencherissement. Selon les previsions du Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ, les salaires reels vont progresser de 0,6% en 2000 et de 1,2% en 2001. Comme la productivite du travail s’est elevee, les couts unitaires de main-d’oeuvre n’augmenteront, en termes reels, que legerement cette annee. La pression sur les couts devrait etre plus sensible dans les services que dans l’industrie, car, dans les premiers, la part des salaires est plus importante et les gains de productivite sont inferieurs a la moyenne. Faible hausse des prix des marchandises L’indice des prix a la production mesure l’evolution des prix, depart usine, des produits fabriques en Suisse et, partant, renseigne sur la pression sur les couts dans l’industrie. Il a augmente de 1% en juillet, contre 1,3% en avril. Les prix des matieres premieres se sont accrus de 8,9%, ceux des produits semi-finis, de 1% et ceux des biens de consommation, de 0,7%, alors que les prix des biens d’equipement ont encore baisse (–0,2%). Les prix des biens destines au marche suisse n’ont enregistre qu’une faible augmentation depuis le mois d’avril, de sorte que leur hausse annuelle s’est ralentie, passant a 1,8% en juillet. Selon l’enquete trimestrielle du Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ, les entreprises axees sur le marche interieur sont moins nombreuses a s’attendre a un relevement des prix de vente. Cela laisse penser que la pression sur les prix des marchandises suisses devrait rester moderee dans un premier temps, en depit de l’accroissement des prix des matieres premieres. L’indice des prix a la consommation a augmente de 1,6% en moyenne des mois de janvier a aout 2000. La prevision de 1,5% que la Banque nationale avait faite pour l’an 2000 etait ainsi legerement depassee. En juin, le reexamen de la prevision d’inflation a amene la Banque nationale a conclure que les resserrements apportes jusqu’ici a sa politique monetaire ne devraient pas suffire, du fait de l’essor vigoureux de la conjoncture, a assurer la stabilite des prix a moyen terme. C’est pourquoi elle a decide, le 15 juin, d’adapter une nouvelle fois la marge de fluctuation du Libor a trois mois, la relevant ainsi d’un demi-point pour la porter a 3%–4%. Malgre ce resserrement, la Banque nationale s’attendait a une acceleration temporaire du rencherissement a un peu plus de 2% en 2001 et, au cours de l’annee suivante, a un retour de celui-ci au-dessous de 2%.